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Amortissement d’un véhicule de tourisme : calculez la part non déductible

⚡ En bref

  • L’amortissement non déductible (AND) est la part de la dotation d’une voiture de tourisme qui dépasse un plafond fiscal fixé selon ses émissions de CO₂.
  • Plafonds 2026 (WLTP) : 30 000 euros sous 20 g/km, 20 300 euros de 20 à moins de 50 g/km, 18 300 euros de 50 à 160 g/km, 9 900 euros au-delà.
  • Exemple : une voiture de 42 000 euros plafonnée à 18 300 euros génère 4 740 euros de réintégration par an sur cinq ans.
  • La règle vaut aussi pour les loyers d’une location de plus de trois mois ou d’un crédit-bail.

Votre entreprise achète une voiture à 42 000 euros et l’amortit sur cinq ans. La comptabilité enregistre bien une dotation annuelle de 8 400 euros. Pourtant, au moment de préparer la liasse fiscale, une partie de cette charge ne réduit pas le bénéfice imposable. C’est la part non déductible, souvent appelée AND.

Le principe est simple : l’entreprise comptabilise le véhicule selon son coût et sa durée d’utilisation, mais l’administration fiscale limite parfois la valeur retenue pour calculer la déduction. La fraction excédentaire est réintégrée dans le résultat fiscal. Avant de choisir un modèle, mieux vaut donc regarder le prix affiché, les émissions de CO2 et le plafond applicable à l’exercice 2026.

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Règles vérifiées pour l’exercice 2026. Elles doivent être actualisées si une nouvelle loi de finances ou une modification réglementaire intervient.

Amortissement non déductible : de quoi parle-t-on exactement ? #

L’amortissement comptable répartit le coût d’un véhicule sur sa durée probable d’utilisation. Une voiture achetée 40 000 euros et amortie linéairement sur cinq ans génère ainsi une dotation de 8 000 euros par an, sous réserve d’une éventuelle proratisation lors de la première année.

Pour revoir les bases de l’amortissement comptable avant d’aborder sa limite fiscale, Indy en fait le tour en quelques minutes :

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Fiscalement, le calcul peut être différent. L’article 39-4 du Code général des impôts exclut des charges déductibles la fraction correspondant à la partie du prix dépassant le plafond applicable au véhicule. Le BOFiP reprend cette règle pour les voitures particulières et précise qu’une limitation existe aussi en crédit-bail ou en location longue durée.

La charge reste inscrite dans les comptes. En revanche, la fraction refusée est réintégrée au résultat fiscal. Une société soumise à l’impôt sur les sociétés paiera donc davantage d’IS, même si son résultat comptable n’est pas modifié.

Comptabilisé ne signifie pas automatiquement déductible. C’est toute la différence entre amortissement comptable et amortissement fiscal.

Quels véhicules de société sont concernés ? #

La règle vise principalement les véhicules immatriculés comme voitures particulières ou véhicules de tourisme au sens fiscal. La carte grise compte, mais elle ne suffit pas toujours. Le nombre de places, l’aménagement intérieur, la conception du véhicule et son usage réel peuvent aussi orienter l’analyse.

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Un véhicule N1 présenté comme utilitaire n’échappe donc pas systématiquement au plafonnement. S’il est conçu principalement pour transporter des personnes, l’administration peut retenir un traitement proche de celui d’une voiture de tourisme. Le dossier doit alors être examiné avec l’expert-comptable.

Les véhicules utilisés comme taxi, pour du transport public de voyageurs, de la location ou une auto-école peuvent relever de règles particulières. Dans ces situations, il faut réunir la carte grise, le certificat de conformité, la facture, le contrat de financement et les justificatifs liés à l’activité.

Les plafonds d’amortissement à connaître en 2026 #

Pour les véhicules acquis ou loués à compter du 1er janvier 2021, et immatriculés selon la norme WLTP, l’article 39, 4-a du Code général des impôts fixe les plafonds suivants :

Émissions de CO2 Plafond de déductibilité 2026 Profil généralement concerné
Moins de 20 g/km 30 000 euros Véhicule électrique ou très faiblement émetteur
De 20 à moins de 50 g/km 20 300 euros Hybride rechargeable selon ses émissions homologuées
De 50 à 160 g/km 18 300 euros Véhicule thermique ou hybride
Au-delà de 160 g/km 9 900 euros Véhicule fortement émetteur

Ces seuils ne sont pas intemporels. Il faut vérifier le barème WLTP, la date de première mise en circulation, la date d’acquisition ou de location et le régime fiscal applicable. L’ancien barème NEDC retenait d’autres seuils (60, 130 ou 155 g/km) : ils ne s’appliquent pas aux véhicules homologués WLTP.

Comment calculer la fraction non déductible sur un achat ? #

La méthode tient en quelques opérations. Commencez par déterminer le prix de revient fiscal du véhicule, puis identifiez le plafond correspondant à ses émissions. Calculez ensuite l’annuité comptable.

Formule du coefficient fiscal :
plafond fiscal ÷ prix de revient du véhicule

Formule de l’amortissement fiscalement déductible :
annuité comptable × coefficient fiscal

Formule de la part non déductible :
annuité comptable − amortissement fiscalement déductible

Autre écriture utile : annuité comptable × (prix de revient − plafond fiscal) ÷ prix de revient. Si le prix de revient est inférieur au plafond, la part non déductible est nulle.

Exemple avec une voiture achetée 42 000 euros

Supposons une voiture facturée 42 000 euros TTC, amortie sur cinq ans, avec un plafond fiscal de 18 300 euros.

  • Annuité comptable : 42 000 ÷ 5 = 8 400 euros
  • Coefficient fiscal : 18 300 ÷ 42 000 = 43,57 %
  • Amortissement fiscalement admis : 8 400 × 43,57 % = 3 660 euros environ
  • Part non déductible annuelle : 8 400 − 3 660 = 4 740 euros environ

Sur cinq ans, environ 23 700 euros de dotations comptables seraient ainsi réintégrées, si le véhicule reste utilisé pendant toute la période et si aucun autre paramètre ne modifie le calcul.

La TVA récupérable, lorsqu’elle existe, peut modifier le prix de revient retenu. Pour une voiture particulière, la TVA sur l’acquisition n’est généralement pas récupérable dans les mêmes conditions que pour un utilitaire. Ce point doit être traité séparément.

Un exemple concret de l’impact sur l’impôt #

Avec l’exemple précédent, la dotation comptable atteint 8 400 euros par an, contre environ 3 660 euros admis fiscalement. La réintégration annuelle s’élève donc à 4 740 euros.

Avec un taux d’IS de 25 %, l’effet théorique sur l’impôt est de 4 740 × 25 % = 1 185 euros par an. Ce montant ne constitue pas une taxe automobile supplémentaire : il correspond à l’IS généré par la charge comptable refusée fiscalement.

La première et la dernière année peuvent être différentes si la mise en service intervient en cours d’exercice. L’annuité doit alors être proratisée selon la méthode comptable appliquée.

Que se passe-t-il en location longue durée ou avec une LOA ? #

La location ne fait pas disparaître le plafonnement. Pour un contrat dépassant trois mois, une fraction du loyer correspondant à l’amortissement du véhicule au-delà du plafond peut être exclue des charges déductibles. Le loueur communique chaque année ce montant au locataire.

Il faut distinguer le loyer financier des services annexes. Entretien, assurance, assistance, pneumatiques et prestations de gestion ne suivent pas automatiquement le même traitement que la fraction du loyer liée au prix du véhicule.

En crédit-bail, le locataire n’inscrit généralement pas la voiture comme une immobilisation classique pendant la période de location. Il comptabilise les loyers, puis réintègre la quote-part non admise. Le contrat, la valeur du véhicule, le premier loyer majoré et le dépôt de garantie doivent être conservés.

CarGo Flex simplifie-t-il le suivi de l’amortissement non déductible ? #

CarGo Flex propose aux professionnels comme aux particuliers une location de voitures par abonnement mensuel, avec une durée flexible, une formule tout inclus et sans apport. Cette formule peut intéresser une TPE qui souhaite renouveler rapidement une voiture sans immobiliser une grosse somme de trésorerie.

La fiscalité, elle, ne disparaît pas derrière l’abonnement. Le modèle choisi, ses émissions de CO2, la durée du contrat et le détail des services influencent le traitement des loyers. CarGo Flex ne supprime donc pas l’AND : comme pour toute location de plus de trois mois, le suivi repose sur la fraction de loyer non déductible que le loueur communique chaque année.

👉 Pour approfondir le calcul des plafonds et des loyers, consultez la page AND véhicule de fonction. Elle rassemble les repères 2026 et les règles à examiner en location longue durée.

Les erreurs qui gonflent artificiellement la part réintégrée #

La première erreur consiste à appliquer automatiquement 18 300 euros sans vérifier les émissions et la date d’acquisition. La deuxième consiste à confondre prix TTC, prix HT, valeur amortissable et prix de revient fiscal.

Autres oublis fréquents : négliger la proratisation de la première année, traiter la totalité d’un loyer comme déductible, utiliser un ancien barème CO2 ou classer un véhicule N1 comme utilitaire sans examiner sa conception.

La TVA, l’assurance, l’entretien, les réparations, le carburant, la recharge électrique, les péages et les intérêts d’emprunt suivent leurs propres règles. La limitation de l’amortissement ne plafonne pas automatiquement toutes ces dépenses.

Quelle solution choisir selon votre entreprise et votre usage ? #

Un achat longuement conservé peut convenir à une entreprise qui dispose de trésorerie et connaît précisément son besoin. Une location devient intéressante lorsqu’il faut préserver les liquidités, renouveler rapidement les véhicules ou éviter la revente.

Avant de signer, vérifiez :

  • la durée de détention envisagée et le kilométrage annuel ;
  • les émissions de CO2, la norme WLTP et le plafond 2026 ;
  • le prix de revient, la TVA et la part de l’usage privé ;
  • le détail des loyers, services, assurance et entretien ;
  • les justificatifs transmis pour la réintégration fiscale.

Pour piloter le budget, construisez un tableau qui sépare annuité comptable, déduction fiscale, part non déductible et impact d’IS. C’est souvent ce calcul, plus que le montant mensuel affiché, qui révèle le véritable coût d’un amortissement véhicule de tourisme.

🎯 À retenir

  • Part non déductible = annuité × (prix de revient − plafond) ÷ prix de revient.
  • Ne reprenez pas les seuils 60, 130 ou 155 g/km de l’ancien barème NEDC pour un véhicule WLTP.
  • La charge reste en comptabilité : elle est seulement réintégrée au résultat fiscal.
  • En location, rapprochez chaque année la fraction communiquée par le loueur de vos écritures.

Questions fréquentes #

Qu’est-ce que l’AND d’un véhicule de fonction ?

C’est la fraction de l’amortissement d’une voiture de tourisme qui dépasse le plafond fiscal fixé selon ses émissions de CO₂. Elle reste en comptabilité mais est réintégrée au résultat fiscal, sur le tableau 2058-A.

Quels sont les plafonds d’amortissement en 2026 ?

Pour un véhicule WLTP : 30 000 euros sous 20 g/km, 20 300 euros de 20 à moins de 50 g/km, 18 300 euros de 50 à 160 g/km et 9 900 euros au-delà de 160 g/km.

L’AND concerne-t-il une voiture louée ?

Oui, pour une location de plus de trois mois ou un crédit-bail. La part du loyer qui correspond à l’amortissement au-delà du plafond n’est pas déductible ; le loueur communique ce montant chaque année.

Une voiture électrique est-elle entièrement déductible ?

Non. Son plafond est de 30 000 euros : au-delà de ce prix, une partie de l’amortissement est réintégrée.

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